Butt wink au squat : causes, tests et comment le corriger

Le butt wink, c'est le moment où, tout en bas du squat, ton bassin bascule vers l'arrière et ton bas du dos s'arrondit. Sur une vidéo filmée de profil, on le repère tout de suite. Faut-il s'en inquiéter ? Et surtout, comment savoir d'où il vient ?

Le butt wink, c'est quoi exactement ?

C'est une rétroversion du bassin accompagnée d'une flexion du bas du dos, qui apparaît en fin de descente. Le principe est simple : quand la hanche arrive au bout de sa flexion, le mouvement ne s'arrête pas, il continue ailleurs, dans le bas du dos.

Est-ce dangereux ?

La question fait débat, et il vaut mieux éviter les réponses toutes faites. Les données disponibles ne permettent pas d'affirmer qu'un léger butt wink est dangereux en soi chez un pratiquant en bonne santé. En revanche, il mérite d'être pris au sérieux dans trois cas :

  • il apparaît avec des charges lourdes ;
  • il s'accompagne de douleurs lombaires pendant ou après la séance ;
  • il s'aggrave au fil des répétitions, quand la fatigue s'installe.

Dans tous les cas, mieux vaut comprendre d'où il vient. Et en cas de douleur, demande l'avis d'un médecin ou d'un kinésithérapeute.

Cinq causes fréquentes

  1. L'anatomie de ta hanche. La forme du cotyle et l'angle du col fémoral changent la profondeur à laquelle tes hanches se bloquent dans un squat donné. Certaines hanches ne permettent pas d'aller très profond avec un écartement étroit et se dégagent mieux avec des pieds plus écartés et plus ouverts.
  2. Une flexion de hanche limitée. Les tissus autour de l'articulation (fessiers, ischios, adducteurs, capsule) peuvent freiner la fin de la descente.
  3. Une cheville peu mobile. Quand la cheville bloque, les talons décollent ou le buste bascule, et le bassin compense en bas.
  4. Un contrôle du tronc insuffisant. Sans gainage ni respiration, la descente devient une chute contrôlée au hasard, et le bassin lance la bascule.
  5. La fatigue. Le butt wink apparaît souvent sur les dernières répétitions d'une série, quand le contrôle se relâche.

Comment savoir d'où il vient : trois tests

  • Le recul à quatre pattes. À quatre pattes, genoux à largeur de hanches, recule vers les talons dos plat. Si le bas du dos s'arrondit tôt, la flexion de hanche est limitée ou ton placement mérite un ajustement.
  • Le squat gobelet filmé. Filme-toi de profil, à hauteur de hanche, avec trois écartements de pieds. Note la position dans laquelle le bassin reste stable le plus longtemps.
  • Le genou au mur. Pied à 10 cm du mur, talon au sol, essaie de toucher le mur avec le genou. Si tu n'y arrives pas, la cheville est un suspect sérieux. On en parle ici.

Les corrections, dans l'ordre

  1. Ajuste ta position. Teste un écartement plus large, des pointes de pieds tournées de 10 à 35 degrés, une barre haute ou basse. Garde celle où le bassin reste stable au plus bas.
  2. Contrôle la descente. Trois secondes pour descendre, une seconde de pause en bas : c'est la meilleure façon de repérer le moment où le bassin décroche.
  3. Travaille la flexion de hanche et la cheville. Recul à quatre pattes, squat gobelet tenu, genou au mur : tous décrits dans les routines de mobilité.
  4. Renforce la position. Squats avec pause, ou squats sur une box réglée à la profondeur où le bassin reste stable, que tu abaisses petit à petit.
  5. Limite la profondeur à ce que tu contrôles. Il n'y a aucune honte à arrêter la descente juste avant que le bassin ne bascule pendant que la mobilité progresse. La profondeur utile est celle que tu maîtrises.

À retenir

  • Le butt wink n'est ni un dogme ni une fatalité : c'est une information sur ta position et sur tes limites du moment.
  • Le corriger commence par comprendre d'où il vient.
  • Il n'existe pas de position de squat universelle : la tienne dépend de ton anatomie.

Pour aller plus loin

Ce contenu est général et ne constitue pas un avis médical. En cas de douleur ou de blessure, demande l'avis d'un médecin ou d'un kinésithérapeute.